Lionel Ray par Thierry Laisney

Français : Le poète Lionel Ray au festival Voi...

Tu es ce navire parti d’un port que nul

n’a jamais connu, dans la dissipation du temps

et la chute intime des choses.
I

 « De mots furtifs en images brèves, j’accomplis mon métier d’oiseau : je ne m’attarde pas ». Ainsi s’exprime Lionel Ray dans le petit « Art poétique » qu’il fait figurer à la fin de Comme un château défait (Gallimard, 1993). D’où une série de poèmes serrés, presque tous conçus sur le même modèle : trois vers, deux vers, trois vers, où l’on ressent fortement que le mot à venir est peut-être le dernier. Ici, une invocation, là, un article qui disparaît, une rime possible, un mètre familier… La poésie n’est pas seulement la pointe exigeante de l’écriture, elle est aussi le fruit d’une histoire. Sans verser dans l’un ou l’autre de ces deux écueils de la poésie que sont l’afféterie et l’inintelligibilité, Lionel Ray fait partager à son lecteur des résonances, des bribes d’enfance ou de métamorphoses. Lire la suite

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