Editions Lanskine : voix poétiques

POÉSIE 

Lanskine : voix poétiques,  un article de SOPHIE EHRSAM

Les éditions Lanskine ont tout récemment publié deux auteurs très différents malgré leur penchant commun pour le fragmenté : Bruno Normand et Nathalie Michel. L’un noircit des pages d’énumérations et de citations à perdre haleine, avec des ellipses et des àcoups ; l’autre ponctue l’espace de touches verbalement colorées, avec de multiples jeux typographiques. 

BRUNO NORMAND 

DES RAPPROCHEMENTS 

Lanskine, 88 p., 14 euros

NATHALIE MICHEL SOUFFLE CONTINUE 

Lanskine, 64 p., 12 euros

Les titres des deux recueils sont à l’image de leur contenu : Bruno Normand écrit Des rapprochements, fil d’une pensée qui navigue entre nature et culture, irriguée de voix autres, écrites ou radiophoniques, exotiques ou intimes. Rapprochements d’idées, mais aussi de corps, d’autant qu’il existe des idées sur les corps et des corps véhicules d’idées. Le discours, par intervalles, « saute », se détraque légèrement, à l’instar des vinyles et autres cassettes chers à l’auteur, ou bien s’arrête arbitrairement en pleine phrase, comme un poste de radio qu’on éteint. Le signe elliptique des points de suspension entre crochets sert de relais entre les fragments et transcrit peut-être aussi le creuset d’une pensée qui fait siennes toutes sortes d’expériences verbales et non verbales. Un voyage qui passe par le YiKing, le gaélique irlandais, des textes védiques (évoquant par là Saistu si nous sommes encore loin de la mer ? de Claude Roy), mais aussi John Cage et Barry White, Andy Goldsworthy, les voitures et le cinéma, Deleuze, Bachelard, Simone Weil, parmi des conversations rapportées, extraits de missives et messages, même un tract de boîte aux lettres.  Lire la suite

Les éditions Tarabuste

Une baronnie

Les éditions Tarabuste à Saint-Benoît-du-Sault 

la maison qui abrite les éditions Tarabuste (bureaux, ateliers de fabrication, et même résidence d’écrivains) est sise à SaintBenoîtduSault (Indre), dans le Berry. Depuis son jardin terrasse, on a vu sur la rivière « le Portefeuille », et un paysage baigné de pluie ou de lumière, c’est selon. On quitte la maison pour aller se promener d’un château médiéval écroulé à l’Abbaye de SaintSavin, de la maison de George Sand au cimetière de Civeaux, riche de 400 tombes mérovingiennes ; ou plus modestement pour pêcher, chercher des champignons, et quelquefois chasser le sanglier.

Typique du bourg, la maison voisine avec une église romane et un prieuré qui servit (et a le projet de servir encore) à des activités culturelles. C’est là que rayonne, avec un talent non seulement d’éditeur et d’artiste, mais aussi avec un sens étonnant des rapports sociaux, une bonhomie, une gentillesse contagieuse, Djamel Meskache, qui fait figure à nos yeux de baron sur ses terres, en compagnie de Claudine Martin, à l’efficacité et au raffinement tout aussi essentiels.

La Quinzaine littéraire – Après quelles pérégrinations biographiques en êtes-vous venus à vous installer dans cette région ? Et pourquoi, précisément, à Saint-Benoît-du-Sault ?  Lire la suite