Anthologie de poésie n°3 – Marie Etienne et Gérard Noiret 5/8 – Pascal Commère

PASCAL COMMERE – Le  premier livre Les commis publié en 1982 par Folle Avoine, il a attiré les regards de ceux qui, après la période des avant-gardes, étaient autant soucieux de voir la poésie retrouver un élan et du sens que de ne pas la voir replonger dans ses « fadasseries ». Trente livres plus tard, avec des réussites telles que Lointaine approche des troupeaux à vélo vers le soir (Folle Avoine – 1995),  De l’humilité du monde chez les bouziers (Obsidiane 1996), Vessies, lanternes, autres bêtes cornues (Obsidiane 2000) et ce qui est un des recueils marquants des trente dernières années Bouchères, P.C. est pour moi un des poètes les plus singuliers des générations de l’après-guerre. à l’aise dans cet exercice difficile qu’est le travail du vers de plus de 12 syllabes, volontiers narratif mais sans jamais céder au besoin de raconter, sauvant l’anecdote par un grand sens du rythme et de la coupe, il a su voir le tragique de l’existence là où d’habitude on ne voit que la campagne ou la nature. Son dernier livre Tashuur. Un anneau de poussière (Obsidiane), écrit après un voyage en Mongolie, est né de notes prises sur le vif, et d’une volonté rare de s’entendre soi-même différemment.

Gérard Noiret

/

Surgis. Un temps dans la lumière, lampe frontale. Voix rauques

les syllabes crachées entre les encolures. Pied à terre, aussitôt

/

assis sur les talons, ou posés seulement genoux au sol. Derrière,

les hongres piaffant, un mètre ou deux s’ils ne les touchent,

/

cuir contre cuir, chanfreins bas. Repartis déjà, c’est tout comme

piochant des antérieurs, poitrail. Longe aux doigts- Tournant

/

jusqu’à se piétiner. D’une main chasser la croupe dans le noir

naseaux qui ronflent, balançant du col dans le grand voyage

/

arrêtés soudain détachés du troupeau. Hennissements

un temps encore là-bas, où le piétinement poursuit

/

Cavaliers !

/

Acceptant tartine et bol de thé, deux ou trois gorgées,

L’un d’eux plus âgé – visage de vieux cartons, chapeau

/

les autres plus jeunes. Demandant à fumer – le père sans doute

tabac dans une main la longe, de l’autre roulant sa cigarette

/

grandes bouffées, braise, unique point rouge. Quand debout

les quatre ensemble, d’un geste ramassent l’uurtga jetées à terre

/

le pied à l’étrier déjà, tournoyant, une main au pommeau

de l’autre la perche qui heurte en montant la salle. Hongres

/

virevoltant, nefs en feu. Trois mots un prénom

jeté dans la nuit – Jantsav, braise aux lèvres

/

Cavaliers !

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